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en suivant les éléphants

En suivant les éléphants

Les chemins tracés par le passage répété de piétons, de cyclistes ou d’animaux portent de nombreux noms : les anglophones, par exemple, les appellent desire paths ou desire lines. En français, inspirés par les précédents, on entend parfois « lignes de désir ». Le photographe néerlandais Jan Dirk van der Burg a popularisé l’expression plus imagée de « chemins d’éléphants » – olifantenpaadjes. Quels que soient leurs noms, ces chemins de traverse ont la particularité d’échapper à la planification et d’être le fruit d’une intelligence collective spontanée et instinctive. Alors que notre

Nous vivons à une époque où le monde est fini. Où le risque ne se prend plus, mais se gère. Où la planète est arpentée, quadrillée, cartographiée, rationalisée. Où les monstres fabuleux – ceux du Hic sunt dracones des cartes anciennes – semblent s’être fait la malle, sans espoir de retour. Pourtant, c’est peut-être enfin l’occasion d’investir l’inachevé et l’abîmé, de leur accorder un regard ou une présence, débarrassés de l’exotisme agressif de la conquête. Et en suivant les éléphants, de constater que l’incalculable et l’illimité bougent encore, et que les dragons ne sont peut-être pas si loin.