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Tarantella, par Alèssi Dell’Umbria

L’auteur de l’Histoire universelle de Marseille de l’an mil à l’an deux mille vient de publier aux éditions l’oeil d’or le conséquent Tarentella ! Possession et dépossession dans l’ex-royaume de Naples. J’y ai réalisé une carte représentant l’emprise de l’ex-Royaume de Naples par rapport au découpage administratif contemporain.

Tarantella ! peut être lu comme le récit d’un voyage où les paysages évoqués sont avant tout sonores. L’auteur s’efforce d’y restituer l’intensité d’un langage dramatique, celui que les indigènes du Sud de l’Italie se sont créés depuis les temps antiques jusqu’à nos jours. De la danse des tarantate à la danse des couteaux, des chants de travail aux chants de prison, ces sons et ces gestes dessinaient le contour d’un monde qui continue de nous hanter, entre marginalité sociale et récupération spectaculaire. Travaillant tant sur la puissance des cultures subalternes, que sur une critique de la civilisation occidentale, s’interrogeant sur l’articulation de la politique et du langage, ce livre échappe au final à toute discipline : il invoque tour à tour l’ethnomusicologie, la philosophie, l’histoire sociale et politique ou encore l’anthropologie…

Voir le site des éditions “l’oeil d’or”
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La stratégie du grain de sable

Une expérience de non-violence en zone de guerre. Au cœur de la région d’Urbaba en Colombie, une terre fertile, riche en ressources naturelles est l’un des centres névralgiques de la guerilla. Une communauté prise au piège. Sous les balles des paramilitaires, de l’armée nationale et des FARC, des hommes et des femmes continuent de vivre. Ils se déclarent Communauté de Paix le 23 mars 1997. Ces paysans déplacés par les conflits refusent catégoriquement de quitter une nouvelle fois leurs terres. Ils exigent le respect pour la vie, la dignité en tant qu’être humain. Cette expérience collective de non-violence en zone de guerre a fait naître une éducation alternative et des échanges économiques solidaires. Après 15 d’existence, plus de 170 morts pour une population de 1200 personnes, la Communauté de Paix continue d’avancer dans ce processus de résistance civile, pacifique et politique.

La stratégie du grain de sable, éditions de l’Atinoir

La commande originelle – une carte de localisation permettant de situer la communauté – a vite gagné en complexité au vu des enjeux géopolitiques de la région. J’ai finalement proposé deux cartes complémentaires, à deux échelles différentes.

La panaméricaine et la région de Darién

Constituée de marais et de forêt, foyer des peuples Emberás, Wounaans et Kunas, la région de Darién (ou le « bouchon de Darién ») est généralement considérée comme le dernier obstacle à l’achèvement de la route panaméricaine, qui traverse l’Amérique de l’Alaska à la Patagonie. Les enjeux environnementaux (la région accueille deux parcs nationaux, un côté panaméen et un côté colombien), les difficultés techniques et les dangers avérés (présence des paramilitaires et de la guérilla colombienne) rendent peu probable l’achèvement de la route, qui se termine donc à Yaviza (1700 hab.) au Panama et reprend à Turbo en Colombie, à quelques kilomètres à peine de la Communauté de Paix de San José de Apartadó.

Le développement industriel et portuaire, un cheval de Troie

Autour du projet de construction d’un nouveau port dans le golfe d’Urabá, c’est tout un complexe industriel qui est sur le point de se développer dans la région. Centrale électrique, usine d’aluminium, usine d’embouteillage et d’exportation de l’eau douce, production de biocarburants, exploitation des ressources en pétrole et en charbon, et en terme d’infrastructures, creusement d’un canal sec interocéanique et d’un nouveau tunnel : autant d’éléments distincts rattachés à la même stratégie globale de développement par l’industrie d’un territoire enclavé et difficile à contrôler.

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Carte en mouvement des Aygalades

Carte en mouvement n.f. 1. Carte représentant un lieu ou une situation amené-e-s à évoluer. Ex : “la carte en mouvement des Aygalades mérite bien son nom : quelques semaines avant l’impression, le bâtiment C de la cité des Créneaux a été démoli (V. Cité des Créneaux)”. 2. Carte représentant des cheminements piétonniers et invitant le lecteur à les parcourir dès que possible, en compagnie de collègues ou de complices connaisseurs. Ce deuxième sens renvoie à l’idée d’une ville passante ou ouverte.

Carte réalisée lors d’une résidence à l’APCAR / Cité des Arts de la Rue et publiée dans un numéro spécial de la Marseillaise sur le patrimoine dans les quartiers nord, en septembre 2011, à l’occasion des journées européennes du patrimoine.