Belle, peut-être pas, mais ô combien charmante

Belle peut être pas (1) Exposition photographique et cartographique présentée à l’Alhambra cinémarseille du 6 au 30 avril 2011, dans le cadre de « Istanbul à facettes », événement organisé par l’Alhambra et Radio Grenouille
Photographies : Yohanne Lamoulère, avec Rémi Verbraeken
Textes : Jérémy Garniaux
Cartes et animation : Noé Guiraud

Au-delà des différences, évidentes – l’une fait plus de quinze fois la taille de l’autre – Istanbul et Marseille partagent plusieurs points communs. Souvent décriées dans leurs pays respectifs, ces villes pleines de défauts selon les canons habituels connaissent toutes deux aujourd’hui un développement accéléré qui attire l’attention.
Alors que l’idée d’une compétition à l’échelle mondiale entre les territoires fait son chemin et devient norme, les décideurs se tournent vers les outils du marketing pour attirer et conserver les ressources nécessaires au développement de leurs villes. La multiplication des labels, des logos ou des slogans, l’organisation de grands événements constituent la partie visible de cette nouvelle manière de concevoir notre rapport aux lieux.

A l’été 2010, guidés par la curiosité et l’envie d’aller voir là-bas ce qui se trame ici, nous avons arpenté Istanbul, capitale européenne de la culture, au hasard des rencontres avec ceux qui l’habitent ou l’observent. L’événement s’affichait alors sur les murs et dans les discours. Aujourd’hui, si le leitmotiv Istanbul 2010 – Avrupa Kültür Başkenti ne résonne plus entre la péninsule historique et la place Taksim, les opérations de rénovation urbaine, elles, continuent de se multiplier…
A Marseille aussi, les grues se font omniprésentes. La locomotive Euroméditerranée, lancée depuis de nombreuses années, se rapproche petit à petit des quartiers Nord de la ville. En écho à la situation stambouliote, il nous a paru pertinent de présenter les premiers éléments d’un travail en cours de témoignage et de rencontres avec les habitants de ces quartiers.

Deux ans avant Marseille-Provence 2013, cette exposition propose donc de croiser les lieux mais aussi les questions, pour y voir peut-être plus clair sur la place du marketing urbain par la culture dans le développement des villes. Les images et paroles que nous avons récoltées, souvent contradictoires, sont une première matière pour mener une réflexion critique sur les capitales européennes de la culture, loin de tout futurisme angélique. Elles invitent aussi à mettre en avant la poésie et l’esprit des lieux des habitants de ces cités « en régénération ».

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